Tag: Rock and roll
Alligators 427 – Hubert-Félix Thiéfaine
par Shunkawakan le 05 mar., 2010, dans Rock and roll
Alligators 427 aux ailes de cachemire safran je grille ma dernière cigarette je vous attends
Sur cette autoroute hystérique qui nous conduit chez les mutants j’ai troqué mon coeur contre une trique je vous attends
Je sais que vous avez la beauté destructive et le sourire vainqueur jusqu’au dernier soupir
Je sais que vos mâchoires distillent l’agonie
Moi je vous dis: bravo et vive la mort!Alligators 427 à la queue de zinc et de sang je me tape une petite reniflette je vous attends
Dans cet étrange carnaval on a vendu l’homo sapiens pour racheter du Néandertal je vous attends
Et les manufactures ont beau se recycler y aura jamais assez de morphine pour tout le monde
Surtout qu’à ce qu’on dit, vous aimez faire durer
Moi je vous dis: bravo et vive la mort!Alligators 427 aux longs regards phosphorescents je mouche mon nez, remonte mes chaussettes je vous attends
Et je bloque mes lendemains je sais que les mouches s’apprêtent autour des tables du festin je vous attends
Et j’attends que se dressent vos prochains charniers j’ai raté l’autre guerre pour la photographie
J’espère que vos macchabes seront bien faisandés
Moi je vous dis: bravo et vive la mort!Alligators 427 aux crocs venimeux et gluants je donne un coup de brosse à mon squelette je vous attends
L’idiot du village fait la queue et tend sa carte d’adhérent pour prendre place dans le grand feu je vous attends
J’entends siffler le vent au-dessus des calvaires et je vois les vampires sortir de leurs cercueils
Pour venir saluer les anges nucléaires
Moi je vous dis: bravo et vive la mort!Alligators 427 aux griffes d’or et de diamant je sais que la ciguë est prête je vous attends
Je sais que dans votre alchimie l’atome ça vaut des travellers-chèques et ça suffit comme alibi je vous attends
A l’ombre de vos centrales je crache mon cancer je cherche un nouveau nom pour ma métamorphose
Je sais que mes enfants s’appelleront vers de terre
Moi je vous dis: bravo et vive la mort!Alligators 427 au cerveau de jaspe et d’argent il est temps de sonner la fête je vous attends
Vous avez le goût du grand art et sur mon compteur électrique j’ai le portrait du prince-ringard je vous attends
Je sais que désormais vivre est un calembour la mort est devenue un état permanent
Le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours
Moi je vous dis: bravo et vive la mort!
La Fille Du Coupeur De Joints – Hubert-Félix Thiéfaine
par Shunkawakan le 21 fév., 2010, dans Rock and roll
Elle descendait de la montagne
Sur un chariot chargé de paille
Sur un chariot chargé de foin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
Elle descendait de la montagne
En chantant une chanson paillarde
Une chanson de collégien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
Mais nous on était cinq chômeurs
A s’lamenter sur not’malheur
En se disant qu’on se taperait bien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
Elle descendait de la montagne
V’là qu’elle nous voit vers les murailles
Et qu’elle nous fait : coucou les gens !
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
Ben, v’là qu’elle nous prend par la taille
Pis qu’elle nous emmène sur sa paille
Elle nous fait le coup du zeppelin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
Ben nous on était cinq chômeurs
A s’payer une tranche de bonheur
Une tranche de tagada tsoin-tsoin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
Quand on eut passé la ferraille
Elle nous fit fumer de sa paille
Sacré bon dieu que c’était bien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
Plus question d’chercher du travail
On pédalait dans les nuages
Au milieu des petits lapins
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
Elle descendait de la montagne
En chantant une chanson paillarde
Une chanson de collégien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
Sweet Amanite Phalloïde Queen – Hubert-Félix Thiéfaine
par Shunkawakan le 12 fév., 2010, dans Rock and roll
Pilote aux yeux de gélatine
Dans ce vieux satellite-usine,
Manufacture de recyclage
Des mélancolies hors d’usage,
Ô sweet amanite phalloïde queen.Je suis le captain « M’acchab »
Aux ordures d’une beauté-nabab
Prima belladona made in
Moloch-city destroy-machine,
Ô sweet amanite phalloïde queen.Amour-amok et paradise
Quand elle fumivore ses « king-size »
Dans son antichambre d’azur
Avant la séance de torture,
Ô sweet amanite phalloïde queen.Je suis le rebelle éclaté
Au service de Sa Majesté,
La reine aux désirs écarlates
Des galaxies d’amour-pirate,
Ô sweet amanite phalloïde queen.
Lorelei Sébasto Cha – Hubert-Félix Thiéfaine
par Shunkawakan le 19 déc., 2009, dans Rock and roll
Mon blues a déjanté sur ton corps animal
Dans cette chambre où les nuits durent pas plus d’un quart d’heure
Juste après le péage assurer l’extra-ball
Et remettre à zéro l’aiguille sur le compteur
Ton blues a dérapé sur mon corps de chacal
Dans cet hôtel paumé aux murs glacés d’ennui
Et pendant que le lit croise l’aéropostale
Tu me dis reprends ton fric aujourd’hui c’est gratuitLorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j’ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa pailleTu m’arraches mon armure dans un geste un peu lourd
En me disant reviens maintenant je te connais
Tu me rappelles mes amants rue barrée à Hambourg
Quand j’étais l’orpheline aux yeux de feux follet
Tu me rappelles mes amants perdus dans la tempête
Avec le coeur-naufrage au bout des bars de nuit
Et tu me dis reviens je suis ton jour de fête
Reviens jouir mon amour dans bouche-agonieLorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j’ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa pailleLe blues a dégrafé nos coeurs de cannibales
Dans ce drame un peu triste où meurent tous les Shakespeare
Le rouge de nos viandes sur le noir sidéral
Le rouge de nos désirs sur l’envers de nos cuirs
Et je te dis reviens maintenant c’est mon tour
De t’offrir le voyage pour les Galapagos
Et je te dis reviens on s’en va mon amour
Recoller du soleil sur nos ailes d’albatrosLorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j’ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa paille
Et ! hop !! Après la version Fatals Picards, une 2e version, avec Paul Personne !!
La Vierge au Dodge 51 – Hubert-Félix Thiéfaine
par Shunkawakan le 12 déc., 2009, dans Rock and roll
Ce matin le marchand de coco n’est pas passé et au lieu de
Se rendre à l’école, tous les vieillards se sont amusés à casser
Des huîtres sur le rebord du trottoir avec des
Démonte-pneus… Sur ma porte j’ai marqué: « Absent pour
La journée »… Dehors il fait mauvais, il pleut des chats et des
Chiens… Les cinémas sont fermés, c’est la grève des clowns…
Alors je reste à la fenêtre à regarder passer les camions
Militaires… Puis je décroche le téléphone et je regarde
Les postières par les trous de l’écouteur…Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe
Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe
Et moi je suis timide comme un enfant mort-né
Et moi je suis timide comme un enfant mort-né.
Oh, timide! Oh, mort-né!
Dans x temps il se peut que les lamelles de mes semelles
Se déconnectent et que tu les prennes sur la gueule…
Je t’aime, je t’aime… Et je t’offre ma vie et je t’offre mon corps,
Mon casier judiciaire et mon béribéri, je t’aime!Ce matin les enfants ont cassé leurs vélos avant de se jeter
Sous les tramways No1, No4, No10, No12, No30, No51, No62
No80, No82, No90, No95, No101, No106 et 1095 (qui gagne
Un lavabo en porcelaine)… En sautant de mon lit,
J’ai compté les morceaux… C’est alors que j’ai vu le regard
Inhumain de ton amant maudit qui me lorgnait comme une
Bête à travers les pales du ventilateur tout en faisant l’amour
Dans une baignoire remplie de choucroute garnie…Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe
Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe
Et moi je suis timide comme un enfant mort-né
Et moi je suis timide comme un enfant mort-né.
Oh, timide! Oh, mort-né!
Dans x temps il se peut que les lamelles de mes semelles
Se déconnectent et que tu les prennes sur la gueule…
Je t’aime, je t’aime… Et je t’offre ma vie et je t’offre mon corps,
Mon casier judiciaire et mon béribéri, je t’aime!
