Conan le barbare
par Shunkawakan le 24 juil. 2010, dans Films pour Chloé...
« Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. » (Nietzsche)
En 1982, quand Conan le barbare sort dans les salles obscures du monde entier, John Milius réalise l’un des premiers film d’Heroic-Fantasy, franchissant le premier pas qui allait porter ce genre des péplums à des films tel que Le Seigneur des Anneaux. Comme pour les textes de Robert Howard dont le film s’inspire librement, « Conan le Barbare » est une œuvre qui fut longtemps dépréciée pour son apparente simplicité. C’est la malédiction qui pèse sur Howard et le personnage de Conan en particulier car, si l’œuvre de Howard commence à être reconnue à sa juste valeur, il devrait en être de même pour ce film grandiose aux multiples qualités.
Conan nous compte l’histoire d’un homme qui fait face à sa vie. Celle-ci est marquée par Thulsa Doom, prêtre Noir au regard hypnotique couleur d’émeraude superbement interprété par James Earl Jones, qui fait de lui un orphelin dès l’âge de 10 ans, le réduisant en esclavage pour, indirectement, le conduire sur la terre battue d’une arène de gladiateurs. Libéré par un maître compatissant (et rendu richissime grâce à l’argent de ses combats), Conan cesse de subir et peut enfin vivre de la manière qu’il l’entend. Voleur et aventurier comblé, le spectre de Thulsa Doom l’empêche de profiter pleinement de cette liberté. Conan se lance alors sur les traces de sa Nemesis pour en finir avec ses démons intérieurs.
Rrraaaaahhhhh !!!!!
P…. De film !!!!
Que des couillus !!! Même les gonzesses !!!
Du muscle et de la testostérone à donf !!!
Bref… Un film sur nous, les hommes… Les vrais !!
La bande annonce :
Un bout de l’intro :
Critique
Beaucoup reprochent à Milius ce qu’ils ont pris pour une trahison. En effet aucune histoire d’Howard ne sert de base à son récit, hormis quelques éléments anecdotiques, comme la tombe du guerrier inspirée de l’Horreur dans la crypte, la tour de Set inspirée de La tour de L’éléphant, ou la scène de crucifixion tirée d’Une sorcière viendra au monde. Milius à absorbé le monde et le personnage pour se les approprier. Certains aspects sont même en contradiction avec le personnage d’Howard comme sa captivité sur la Roue de la Douleur. En effet, un cimmérien serait mort en tentant de s’enfuir. Bref ce n’est pas tout à fait le Conan de Howard, mais plutôt le Conan de Milius. Une phrase du philosophe allemand Nietzsche est citée en exergue au générique d’entrée : ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Le parallèle entre Howard et Nietzsche s’établit rapidement lorsqu’on sait que pour le philosophe, c’est la volonté qui est le principe du monde. Une morale que Milius a utilisé comme fil conducteur de son film : l’histoire d’une vengeance.
Toutefois on ne peut pas suivre les critiques acerbes de certains puristes qui discréditent complètement ce film. Conan le barbare, est l’un des films les plus forts visuellement des années 80. Sa réalisation et sa direction en font aujourd’hui encore un modèle d’école qui pourrait en remontrer à beaucoup d’adeptes de « matrixeries ». La composition des scènes de combats, extrêmement travaillées, est parmi les meilleures ; surtout si on la compare aux plans serrés utilisés aujourd’hui pour masquer l’absence de chorégraphie. Le travail réalisé sur les décors et les accessoires est lui aussi un exemple encore aujourd’hui. Quelques trouvailles graphiques comme le camouflage corporel sont toujours aussi efficaces. On peut ne pas apprécier les changements apportés au personnage par Milius, mais force est de saluer sa présentation du monde hyborien, qui ne fut jamais égalée dans les productions suivantes. Les succès actuels du box-office seront-ils toujours aussi crédibles dans 20 ans ?
Bref…. Si tu ne l’as jamais vu, car tu étais trop jeune, trop vieux, trop « Gendarme de St Tropez »….
Précipites toi !!! Tabernac’

