Vanille du Guilou – Jument highland aveugle – épisode 1

par Shunkawakan le 15 sept. 2009, dans Coup de Coeur, Races équines

vanilleJ’avais 12 ans et je la voyais déjà, ma jument… grande, avec 2 grandes balzanes, une liste avec un bout de ladre, et baie brune avec des reflets métal dans la robe. Mais surtout un regard franc, tendre et lumineux.

Là le rêve s’arrête…

J’ai 18 ans, je travaille dans un élevage de poney highlands, et je n’ai pas les moyens financiers pour acheter un cheval. Donc je débourre et monte les jeunes chevaux.

La directrice me confie Tzigane du Guilou au travail, une pouliche de 3 ans baie claire sans aucune marque comme il se doit pour un Highland. Je craque… Elle est taquine à souhait, légèrement sur l’œil et a le sens de la plaisanterie en extérieur qui se manifeste par des écarts et des démarrages sportif, hélas elle n’est pas à vendre.

vanilleL’année suivante arrive sa sœur au travail : longue comme un jour sans pain, sans aucun humour, je ne fais pas attention à cette crevette baie claire.

Vanille du Guilou a tendance, pendant son débourrage, à entrer dans les murs, à résister aux jambes et rapidement l’équipe du centre équestre la classe dans la catégorie des « oignons ». On la compare à sa mère réputée pour son caractère délicat.

Un matin, en rentrant les chevaux du parc, Vanille rentre dans un mur. On se rend compte que les changements de luminosité la font trébucher ou se cogner : une observation attentive de ses yeux permet de diagnostiquer un voile blanchâtre. La décision tombe… Vanille est mise en vente comme reproductrice.

L’enseignant du centre équestre me déconseille de l’acheter, mais je commence à m’en occuper et bêtement je m’y attache, elle apprend à me faire confiance.

vanilleEntre temps des gens viennent la voir mais son handicape freine ou laisse espérer un prix dérisoire alors qu’elle est exceptionnelle par ses origines. Un matin la décision tombe… Vanille du Guilou doit partir. La directrice m’en fait part lors d’une discussion devant sa stalle. Je décide de l’acheter.

Et me voila embarquée dans une aventure qui va durer 17 ans…

Au bout de 3 ans, elle est presque totalement aveugle.

(la suite au prochain numéro : Comment une jument aveugle se débrouille dans la vie..)


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2 Comments for this entry

  • rozenn

    Quelle surprise !!! après tant d’années ! J’ai connu la belle Vanille, ma jument AMIE s’était prise d’affection pour elle et la protégeait, la guidait, chassait les autres gourmants lors de la distribution de nourriture pour qu’elle soit tranquille.
    Je ne me souvient plus de ton prénom, mais on se connait, tu connaissais mon père Luc, qui travaillait au Guillou,je venais à chaque vacances voir mon papa et ma juju. je « travaillais » au club l’été,reprises, ballades,nourrir les chevaux…ratisser les gravillons, j’étais la championne !!! c’était courant 1992 à 1995 à peu près. si tu as ce message ça me ferai très plaisir d’avoir de vos nouvelles.
    Gros bisous
    Rozenn

  • Juliette

    Moi aussi je me souviens très bien de toi, de Tzigane et de Vanille. De la relation de confiance qui s’était déjà tissée entre vous 2, de ton amour pour Tzigane la grande soeur. J’ai passé 2 étés à ce moment là au club (d’abord en colo puis je suis restée « au pair » 1 mois de plus), je suis ravie de voir que Vanille a pu poursuivre sa route à tes côtés.

    Amicalement.

    Juliette

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