Ethologie… Mon cul… 5e partie
Petit extrait du livre de Michel Benoit : « Le reining raisonné »
Et on ne s’est pas concerté…
Même, si j’ai été un de ses élèves et qu’il avait ses chevaux en pension dans mon centre équestre à Pujaut (30)
« Généralement, le débourrage est affaire de dresseur primaire qui, suivant ce qu’il vaut lui-même, peut rendre un cheval apte ou inapte à continuer son dressage. Je ne nie donc pas l’importance de son rôle dans l’avenir du cheval.
Cependant, je le laisserai intentionnellement de côté pour m’en tenir qu’au dressage proprement dit, si ce n’est, les quelques lignes qui vont suivre sur les chuchoteurs.
Je n’ai rien contre ces gens, mais quand on possède un tant soit peu de culture équestre, on peut se poser quelques questions quant à leurs compétences en dressage. Ces gens-là, je les considère comme des débourreurs et, uniquement cela. Certains sont même des artistes dans ce domaine.
Ils disent que les priorités originelles du cheval sont, de ne pas être mangé, obéir à un chef, donc suiveur. Que nous devons utiliser le même code gestuel, les attitudes, les réflexes, pour obtenir la même soumission dont il fait preuve envers son chef. L’homme doit se substituer à celui-ci. Je ne peux qu’approuver ce procédé, puisque convaincu pour avoir été témoin de son efficacité sur la première approche du cheval.
Ce langage, décelé chez l’animal en liberté, je doute qu’il soit le même sur le cheval monté. A-t-on vu un animal voyager sur le dos d’un congénère. Lorsqu’on me dit qu’il faut employer le même langage quand on monte l’animal, je n’ai plus à faire à des débourreurs, mais à des charlatans. Soyons sérieux, les chuchoteurs sont respectables qu’à la condition qu’ils restent à leur place. Essayer de me faire croire que le saucisson pousse sur les arbres, c’est une atteinte à mon intelligence.
Pensez cheval qu’ils disent, mais à quoi peut-il penser ? À pas grand-chose. Si, qu’on lui foute la paix, d’être libre de toute sujétion dans un pré, n’ayant pour souci que de se remplir le ventre, pas d’être chevauché. Voila, moi, ce que je pense ce que le cheval pense.
S’aventurer plus loin dans la pensée du cheval c’est ne pas aller très loin dans son dressage. Employer le même langage du cheval lorsqu’il est en troupeau, en complète liberté, pour lui faire comprendre qu’il n’a rien à craindre de nous, voila une première approche intelligente puisqu’elle s’adresse au naturel du cheval.
Cependant, une fois le cheval monté, il n’est plus question de naturel. Il se retrouve tout à coup dans un autre monde, celui de l’équitation. Ce n’est plus le langage initial. Celui de l’homme s’impose alors. Il fait naître de nouvelles attitudes apprises et non plus instinctives.
Ce dialogue s’appelle le dressage, basé sur la soumission de la volonté du cheval à celle du cavalier. À partir de là, l’objectif essentiel est d’être obéi tout en gardant le cheval sain de corps et d’esprit. »
